05/02/2009

AILERONS DES REQUINS, ENFIN VERS UNE PROTECTION...

La Commission européenne a déposé ce jeudi un plan d'action européen visant à préserver les populations de requins, ainsi que les espèces apparentées comme les raies ou les pocheteaux, menacés de disparition en raison de la surpêche.

requin_blanc_inc03"L'homme est une plus grande menace pour le requin que celui-ci ne l'a jamais été pour l'homme", a averti ce jeudi le commissaire européen en charge de la pêche, Joe Borg. Ce plan, le premier du genre, devrait être approuvé d'ici la fin de l'année par le Parlement européen et les Etats membres. Il vise à assurer une meilleure protection pour tous les poissons cartilagineux, famille qui inclut notamment les requins, soit plus d'un millier d'espèces au total.

L'exécutif européen souhaite notamment parvenir à une réduction des volumes de pêche et du nombre de prises accidentelles dans les filets de chalutiers européens, entre autres par le déploiement d'un plus grand nombre d'observateurs nationaux sur les bateaux de pêche. Il inclut également une série de mesures destinées à approfondir les connaissances scientifiques concernant les stocks et pêcheries de requins, et ambitionne de mieux faire respecter l'interdiction d'enlèvement des nageoires de requins entrée en vigueur en 2003 et s'appliquant dans toutes les eaux de l'UE, ainsi qu'à tous ses bateaux.

"Les requins sont au sommet de la chaîne alimentaire. Leur disparition aurait des conséquences inimaginables", a averti encore le commissaire. Les pêcheries de requins ont connu un essor rapide depuis les années 80, notamment pour ses ailerons, particulièrement prisés dans les pays asiatiques. Les Européens apprécient toutefois eux aussi la chair de requin, notamment celle de l'aiguillat, du requin mako ou du requin-taupe, particulièrement appréciées en France, en Espagne, en Italie ou en Grande-Bretagne.

Quelque 810.000 tonnes de requins et poissons apparentés sont ainsi pêchés chaque année dans le monde, dont 100.000 tonnes par des bateaux européens. Ces pêcheries sont toutefois très peu réglementées. Or, le requin figure parmi les espèces les plus sensibles à la surpêche en raison de sa maturité sexuelle tardive, de son faible taux de fécondité et d'une gestation particulièrement longue.

Selon l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), un tiers des requins capturés dans les eaux européennes sont aujourd'hui menacés de disparition en raison d'une surpêche excessive. Dans un communiqué, l'association de défense de l'environnement WWF, a salué l'initiative de la Commission tout en déplorant toutefois son manque "de mordant".

"Le plan est dépourvu d'un engagement sérieux pour imposer la collecte obligatoire de données sur les prises de requin, un élément particulièrement important si l'UE souhaite préserver ces espèces", a déploré Aaron McLoughlin, directeur du programme maritime européen auprès du WWF.

Reste donc un espoir, celui de voir officialiser cette décision au plus tôt et mener une surveillance sérieuse et permanente face aux pêcheurs de revenus financiers faciles au détriment de la préservation des espèces et de la nature. Et, ne plus rejeter à la mer, un nombre invraissemblable de requins amputés de leurs nageoires et ailerons.

Ercé.

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